#JeVotePour … Que le travail paye, vraiment !

Voter CGT ARTELIA, c’est défendre une idée simple et profondément politique : la richesse produite par le travail doit d’abord rémunérer le travail. Salaires durables plutôt que primes aléatoires, progression de carrière plutôt que communication, transparence et contrôle plutôt que promesses non tenues. Sans rapport de force et sans contrôle collectif, la politique salariale devient un outil de pilotage financier, déconnecté du travail réel.

Cette raison est indissociable des précédentes : sans un CSE fort et indépendant, sans un mandat électoral solide et sans une information continue et outillée, la question salariale est confisquée par la direction et réduite à des éléments de langage.

Pourquoi c’est concret

La rémunération ne se résume pas aux négociations annuelles ou à un accord triennal.

Elle est le produit d’un ensemble de choix structurants : niveau de marge recherché, part de la valeur affectée aux salaires ou au capital, arbitrage entre augmentations pérennes et dispositifs variables (primes, intéressement, participation), organisation des carrières et reconnaissance des métiers.

Ces choix ont des effets très concrets : stagnation des bas salaires, allongement des plateaux de carrière, écarts persistants entre femmes et hommes, perte de lisibilité sur les trajectoires professionnelles. Lorsqu’ils ne sont pas objectivés et discutés collectivement, ils sont présentés comme des contraintes techniques ou économiques, alors qu’ils relèvent de décisions politiques internes à l’entreprise.

C’est précisément pour cela que la CGT ARTELIA a investi, depuis plusieurs années, le terrain de l’analyse salariale et de la transparence, afin de sortir des moyennes floues du bilan social et de documenter la distribution réelle des salaires.

Ce que la CGT ARTELIA a déjà gagné

Sur la politique salariale, la CGT ARTELIA n’a pas seulement formulé des revendications : nous avons obtenu des avancées concrètes, arrachées par le rapport de force et la mobilisation.

Lors du dernier accord triennal sur la politique salariale, nous avons imposé l’introduction de déciles de salaires dans le bilan annuel. Cet acquis marque une rupture majeure : il permet de dépasser les moyennes globales et de commencer à analyser comment les salaires sont réellement répartis, en particulier pour les salarié·es les moins rémunéré·es.

Dans la pratique, la direction a tout fait pour vider cette avancée de sa substance.
Elle ne communique aujourd’hui que les deux premiers déciles (10 % et 20 % les moins payés), a multiplié les arguments de complexité méthodologique, affirmé ne pas « comprendre » le calcul, et fourni des déciles calculés sur des populations non constantes. Pendant trois ans, la discussion a été délibérément empêchée.

Nous le disons clairement : nous nous sentons trahis.
La direction s’était engagée à mettre en place un groupe de travail dédié au suivi de la politique salariale, avec un choix partagé des indicateurs. Ce groupe n’a jamais existé. La discussion n’a jamais été ouverte. Cette expérience nous a vaccinés pour la suite.

Mais cette trahison ne doit pas masquer l’essentiel : sans la CGT ARTELIA, ces déciles n’existeraient même pas. Leur inscription dans le bilan annuel constitue un point d’appui durable pour objectiver les écarts, documenter les bas salaires et contester les discours officiels. C’est un acquis obtenu par la mobilisation collective : tractages, assemblées générales, interpellations répétées en négociation et en CSE.

C’est dans cette même logique que nous avons produit des contenus pédagogiques et structurés pour rendre lisible une politique salariale volontairement présentée comme technique : La politique salariale d’ARTELIA : notre FAQ pour tout comprendre ou encore nos analyses sur la transparence des salaires en 2026 et les effets de la directive européenne. Informer, ici, est un levier direct de négociation.

Des engagements non tenus : quand la communication remplace le salaire

La question salariale ne se limite pas aux chiffres. Elle concerne aussi la manière dont la direction communique et tente de requalifier certaines mesures.

L’exemple du dispositif « Vélo pour toutes et tous » est emblématique. Présenté comme un engagement en faveur des salarié·es, il a fait l’objet d’une lettre ouverte de la CGT ARTELIA dénonçant des promesses non tenues et une mise en œuvre très éloignée des annonces initiales. Pire encore, la direction a tenté d’intégrer ce dispositif dans le « package salarial », comme s’il s’agissait d’une composante de la politique salariale.

Nous refusons cette logique.
Un avantage périphérique ou un dispositif de communication ne remplace ni une augmentation pérenne, ni une progression de carrière. C’est exactement ce que nous dénonçons depuis plusieurs années dans nos articles « Merci patron », qui décortiquent la communication d’ARTELIA vantant par exemple 15 % d’augmentation sur trois ans, sans jamais expliciter qui en bénéficie réellement, comment, et avec quels effets sur les bas et moyens salaires.

Concrètement : votre vote = nos revendications

Nos revendications salariales sont cohérentes et structurées. Elles visent à remettre le travail au centre de la création et du partage de la valeur.

  1. Garantir l’égalité professionnelle, en objectivant les écarts femmes-hommes à tous les niveaux de la distribution salariale via des mesures de transparence notamment.
  2. Rémunérer le travail, pas le capital : réduire la part consacrée aux dividendes, à la valorisation de l’action et à la croissance financière, accepter des marges plus faibles si cela permet d’augmenter réellement les salaires.
  3. Privilégier le salaire pérenne plutôt que les dispositifs variables (primes, intéressement, participation), qui ne garantissent ni stabilité ni droits sociaux.
  4. Publier des grilles salariales par métiers, permettant à chaque collègue de savoir dans quelle trajectoire professionnelle il s’engage, avec une visibilité en fonction de l’âge et de l’ancienneté.
  5. Mettre en place de vrais quantiles à population constante, comme prévu dans l’accord triennal, pour analyser les salaires de changement de quantile (et non suivre des individus), détecter les plateaux de carrière et cibler une politique salariale ambitieuse sur les bas salaires.
  6. Garantir le suivi des accords par le CSE, et non par les seules organisations syndicales signataires. Une fois un accord majoritaire appliqué à tous les salarié·es, son contrôle doit relever d’un CSE fort et indépendant, c’est à dire des salariés, pour éviter tout enfumage par la direction ou d’autres parties prenantes à la négociation.

Ces revendications rejoignent directement les enseignements de nos premières raisons de voter.

Sans CSE fort, sans mandat électoral, sans contrôle inscrit dans la durée, même des avancées obtenues peuvent être neutralisées. Les élections professionnelles conditionnent donc directement la capacité à faire respecter les engagements et à transformer la politique salariale.

Voter CGT ARTELIA, c’est faire le choix clair que le travail paye, vraiment, et que les décisions salariales ne soient plus confisquées par la communication ou la finance.

👉 Pour suivre nos analyses et soutenir ces revendications dans la durée, vous pouvez vous abonner à la newsletter CGT ARTELIA via Abonnez-vous.

Imprimer cet article Télécharger cet article