#JeVotePour … L’éthique, la vraie

Voter CGT ARTELIA, c’est défendre une exigence simple : la cohérence entre les engagements affichés du groupe et les projets réellement menés. Climat, RSE, responsabilité sociétale, droits humains : ces notions ne peuvent pas rester au niveau du discours. Elles doivent structurer les décisions concrètes. L’éthique, la vraie, ne relève ni de la posture ni de la communication. Elle relève du choix, du contrôle et du débat collectif.

Pourquoi c’est concret

Les décisions stratégiques ne sont pas abstraites. Elles concernent les projets que nous acceptons, les marchés que nous remportons, les contextes politiques et environnementaux dans lesquels nous intervenons. Ces dernières années, plusieurs grands projets d’infrastructures ont fait l’objet de controverses majeures : The Line et Neom en Arabie Saoudite, des projets d’infrastructures à Tel Aviv, l’autoroute A69, le tunnel Lyon-Turin, la Montagne d’Or, Notre-Dame-des-Landes, Sainte-Soline ou encore le pipeline EACOP en Ouganda.

Il ne s’agit pas d’affirmer qu’ARTELIA intervient sur chacun de ces projets.  Il s’agit de poser une question professionnelle : avons-nous collectivement les moyens de débattre des choix de projets lorsque ceux-ci soulèvent des enjeux climatiques, éthiques ou de droits humains ?

  • Que feriez-vous si vous découvriez demain que l’entreprise intervient dans un contexte où les opposants sont réprimés ?
  • Que feriez-vous si un projet auquel vous contribuez était qualifié de climaticide par une large partie de la communauté scientifique ?
  • Que feriez-vous si un projet stratégique était couvert par un accord de confidentialité limitant l’accès à l’information, y compris pour les représentant·es du personnel ?

Ne pas se poser ces questions aujourd’hui, c’est déjà faire un choix.

L’éthique ne consiste pas seulement à “bien faire”. Elle consiste parfois à ne pas faire.

Ce que la CGT ARTELIA a déjà fait

L’éthique n’est pas un thème théorique pour la CGT ARTELIA. Le 30 septembre, le CSE a rendu un avis défavorable à 66 % sur un bloc stratégique majeur. Nous avons documenté cette séquence dans Bloc 1 : un avis défavorable – 66 % des voix contre ainsi que dans CSE du 30/09 : Bloc 1 rejeté à 66 %, contrats en Israël confirmés…. Ce vote exprimait une exigence de cohérence entre la stratégie et ses implications concrètes.

Dans Horizons 2030 : notre analyse complète, nous avons interrogé la hiérarchie réelle des priorités du groupe : quelle place pour le climat, pour la responsabilité sociétale, pour la souveraineté numérique, pour l’indépendance stratégique ?  Nous avons également posé un cadre revendicatif clair dans Nos revendications : rendre les engagements opposables, renforcer le rôle du CSE, garantir la transparence sur les projets sensibles.

Un argument revient souvent : “Si nous n’y allons pas, d’autres le feront. Autant y mettre nos valeurs.” Nous pensons que cet argument est insuffisant. La compétence technique ne neutralise pas un contexte politique ou environnemental problématique. La qualité d’une prestation ne transforme pas automatiquement un projet contesté en projet vertueux.

Si le critère déterminant reste économique, éventuellement pondéré par le risque réputationnel, alors l’éthique reste subordonnée à la marge. L’éthique se mesure aussi à la capacité de renoncer.

Ce que nous revendiquons concrètement

Nous revendiquons une éthique opposable et contrôlable. Cela suppose :

  • un droit d’objection de conscience pour les salarié·es confronté·es à des projets qu’ils estiment incompatibles avec leurs valeurs professionnelles et personnelles ou avec les engagements affichés du groupe ;
  • la mise en place d’une grille ESG commune à tous les projets, évaluée annuellement et communiquée au CSE ;
  • l’identification explicite de sujets incompatibles avec les engagements climatiques et sociaux du groupe ;
  • la fin de l’usage des NDA comme outil de contournement du débat collectif ;
  • une information régulière et documentée du CSE sur les projets sensibles, avec un droit de regard sur leurs enjeux éthiques, réputationnels et organisationnels ;
  • l’intégration pleine et entière de ces exigences à l’échelle d’ARTELIA : UES et Industrie.

L’éthique ne peut pas dépendre uniquement de la communication institutionnelle. Elle doit être intégrée au fonctionnement ordinaire de l’entreprise, au même titre que la politique salariale ou l’organisation du travail.

Sans transparence, pas de débat.
Sans débat, pas de responsabilité collective.

L’éthique, la vraie, commence par là.

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