CSE du 30/09 : Bloc 1 rejeté à 66 %, contrats en Israël confirmés, fiasco vélo et mutuelle en débat

Ce CSE aura été révélateur : 66 % de rejet du Bloc 1, des contrats israéliens confirmés malgré l’ONU, un fiasco sur l’offre vélo et une DRH qui quitte la séance dès 11h. Autant de signes d’une direction qui communique beaucoup, mais qui peine à assumer ses responsabilités.

🚨 Un constat général : pas de stratégie, beaucoup de communication

Ce CSE a confirmé ce que nous dénonçons depuis longtemps : Artelia n’a pas de stratégie sociale et environnementale crédible.

Sur l’environnement, l’entreprise réduit sa politique au seul « carbone », comme si la biodiversité, la ressource en eau ou les impacts sociaux n’existaient pas. Sur l’organisation, les réorganisations se succèdent sans vision d’ensemble, avec un CSE informé au dernier moment, réduit à valider des décisions déjà prises.

C’est exactement ce que nous avons décrit dans nos analyses :

🔎 Le Bloc 1 : de quoi s’agit-il ?

Le Bloc 1 est la consultation annuelle du CSE sur les conditions de travail, la santé, la sécurité et l’environnement. Pour en savoir plus : cet article.

Résultat du vote : 6 favorables, 7 défavorables, 4 abstentions.

👉 Conformément au Code du travail (art. L2312-15) et à la jurisprudence, seuls les votes « pour » comptent positivement. Les abstentions rejoignent donc de fait les défavorables.

➡️ Résultat final : 11 contre sur 18, soit 66 % de rejet.

✊ Pourquoi nous avons voté contre

Nous n’avons pas lu de texte en séance. Nous avons interpellé Didier Laffranchi sur l’absence de stratégie RSE et rappelé les insuffisances en matière d’égalité femmes-hommes dans les instances dirigeantes, de ressources RH et surtout de RSE. La CFDT a également renchéri, en s’appuyant sur les chapitres du Bloc 1 rédigés par la MEED.

Il a été convenu que la secrétaire du CSE, Patricia, rédigerait un texte collectif d’avis défavorable, sur lequel chaque organisation syndicale pourra proposer des modifications. Mais nous savons d’expérience que la transparence sur ce point est rarement garantie. C’est pourquoi nous publions à ce lien notre propre avis détaillé, pour que chacun puisse en prendre connaissance sans filtre.

🌍 Israël / Palestine : la question morale

La direction a confirmé deux contrats en Israël (tramway « ligne verte » et métro lignes 2 & 3), signés il y a trois ans. Certes, avant le 7 octobre 2023. Mais déjà à l’époque, Israël violait le droit international : colonisation illégale, blocus humanitaire à Gaza, occupation des territoires.

Aujourd’hui, l’ONU parle de génocide, et la France a reconnu l’État de Palestine.

➡️ Peut-on soumettre notre éthique à des intérêts économiques dans le cadre d’un génocide ?

➡️ Pourquoi Artelia refuse-t-elle d’intervenir en Russie, mais maintient des contrats en Israël ?

➡️ Pourquoi aucune clause de retrait n’existe ?

Pour nous, l’éthique ne se négocie pas. Les salarié·es doivent avoir un droit d’objection de conscience, le CSE doit être associé aux décisions éthiques, et les accords de confidentialité ne doivent pas masquer des projets sensibles. C’est ce que nous défendons dans Nous sommes pour… l’éthique, la vraie.

🚲 Le fiasco du « Vélo pour tous »

Le dispositif a été initié début d’année par la communication et la direction, avec un premier sondage lancé unilatéralement. Après plusieurs retours, un prestataire a été consulté et un tableau estimatif (451 vélos sur 3 ans, dont 225 en 2025) nous a été présenté en commission MEDD au printemps. La direction a tenté de l’inclure dans le forfait mobilité durable, mais élus et délégués syndicaux ont unanimement refusé : dispositif sous-dimensionné, et pas question qu’il soit intégré au « package salarial ».

Un sondage de commande a été lancé au début de l’été. Dès la rentrée, le 02/09, la direction a annoncé qu’il y avait un « problème » avec l’offre. Mais là encore, aucune donnée claire : on nous a parlé de « plus de 300 commandes » d’un côté, de « trois fois l’objectif annuel » de l’autre. Au final, nous n’avons jamais eu le nombre exact de vélos réellement commandés après le questionnaire.

Dans le même temps, la direction a commencé à accuser les salarié·es d’avoir « mal commandé » : certains pour des enfants, d’autres pour des loisirs. Certes, quelques cas isolés existent, mais nous mettons en garde : nous ne laisserons pas instrumentaliser ces exemples marginaux pour faire oublier la véritable faute, celle de l’impréparation et de l’imprévoyance de la direction.

👉 Voici les informations qui nous avaient été communiquées avant le lancement du dispositif, afin de rétablir un peu de transparence :

  • 2025 : 225 vélos prévus, 38 477 € nets après déductions
  • 2026 : 150 vélos prévus, 128 256 €
  • 2027 : 76 vélos prévus, 151 964 €

Soit un total de 451 vélos pour 318 697 € sur 3 ans.

🩺 Mutuelle et prévoyance : nos priorités sociales

La direction prévoit un changement d’assureur : mutuelle en avril 2026, prévoyance début 2026.

Nos priorités sont claires :

  • remboursement des soins à bénéfice réel (psychologie, orthodontie, lunettes…),
  • accès à une chambre individuelle,
  • meilleure couverture des invalidités partielles,
  • prise en compte des familles monoparentales,
  • transparence sur les frais de groupe (>1 M€).

Nous demandons aussi la reprise des 100 000 € annuels du fonds social Syntec, pour qu’ils bénéficient directement aux salarié·es.

📊 Santé économique

  • Retard de facturation : 37 M€ à fin août.
  • EBIT en retrait, amélioration attendue après campagne BPO.
  • Immobilier en crise, mais commandes globalement en avance.
  • Retard au Vietnam, signaux positifs au Canada.
  • Acquisitions en Italie et Belgique malgré un endettement élevé.

🚪 Départ de la DRH : un symbole désastreux

C’était son premier CSE comme DRH Groupe. Elle a quitté la séance à 11h. Officiellement relayée par la responsable « Relations sociales », mais le symbole est limpide : la plus haute représentante de la direction pour les relations sociales quitte la table en pleine matinée.

Ce départ illustre le « dialogue social » tel qu’Artelia le pratique : une façade. Pas une surprise pour nous, mais un signe très parlant pour beaucoup de collègues : voilà la considération que la direction porte aux élu·es et aux salarié·es.

📢 Conclusion

Un CSE où tout est dit :

  • Bloc 1 rejeté à 66 %,
  • contrats israéliens confirmés malgré l’ONU et la France,
  • fiasco du vélo pour tous, marqué par imprévision et opacité,
  • mutuelle/prévoyance en débat,
  • et une DRH qui claque la porte.

➡️ Les salarié·es sont en droit d’exiger cohérence, transparence et respect.

➡️ Le CSE doit être un contre-pouvoir, pas une chambre d’enregistrement.

🔗 Notre avis défavorable complet est disponible ici, pour garantir sa diffusion intégrale sans filtre.

Abonnez-vous à notre newsletter pour rester informé·es et renforcer notre voix collective.

Imprimer cet article Télécharger cet article