La transparence n’est pas une option : elle est la condition de l’égalité et de la justice. Ensemble, exigeons des chiffres clairs sur les salaires, l’actionnariat et les primes.
À la CGT ARTELIA, nous avons toujours porté haut l’exigence de transparence. C’est grâce à cette constance que nous avons déjà obtenu, lors des dernières négociations triennales, l’obligation pour la direction de fournir des quantiles de salaires. Mais ces chiffres sont tronqués, manipulés, redéfinis chaque année. Et il faut bien le dire : ce bidouillage se fait avec la passivité complice d’autres organisations syndicales représentatives, qui ne s’en émeuvent pas.
La transparence ne peut pas être à géométrie variable. Elle est une condition de l’égalité et de la justice.
1. La transparence salariale
Une directive européenne adoptée en 2023 impose bientôt à toutes les entreprises une transparence accrue. Elle prévoit :
- l’accès aux salaires moyens par catégorie,
- une ventilation par sexe, âge et ancienneté,
- le droit de demander des explications en cas d’écart injustifié,
- la fin des clauses de confidentialité interdisant de comparer les salaires.
Chez ARTELIA, la direction répond que ce sera « trop compliqué », et qu’elle n’appliquera ces obligations que lorsqu’elle n’y sera contrainte. En clair : une transparence au rabais, du type « demande au chef », avec mille freins pour décourager les salarié·es. Nous exigeons dès maintenant la publication interne de grilles de rémunération complètes et consultables par toutes et tous :
- salaires de base,
- primes contractuelles et AIS,
- ancienneté, âge et sexe,
- trajectoires d’évolution professionnelle.
Sans cela, pas d’égalité, notamment femmes-hommes.
2. L’actionnariat : le vrai visage derrière le discours
La direction communique sur « l’actionnariat salarié ». En réalité, c’est un discours.
Au-delà des 15 % détenus via le FCPE (Fonds Commun de Placement d’Entreprise) – qui est une propriété collective plafonnée par la direction, et non de l’actionnariat individuel –, nous savons que plus de la moitié de l’entreprise est contrôlée par une poignée d’actionnaires directs. Est-ce 60, 70 ou 80 personnes ? Nous n’avons pas les chiffres exacts. Mais nous savons que la concentration est massive, et donc très éloignée d’un modèle démocratique partagé.
Lors de la dernière opération actionnariale – un rachat d’actions pudiquement appelé « destruction de capital sans perte » – la direction a autorisé l’entrée de holdings patrimoniales. Ces sociétés permettent d’optimiser fiscalement les gains (flat tax à 30 %), de transmettre le patrimoine avec exonérations, et d’opacifier les enchaînements de détention. Combien de holdings sont impliquées ? Deux, trois peut-être ? Nous n’avons aucune information.
3. Un système de cooptation et de privilèges
Pour devenir actionnaire direct, il faut être coopté, avec un ticket d’entrée d’environ 10 000 €.
À une époque, ARTELIA accompagnait même les salarié·es à la banque pour contracter un prêt préférentiel.
Et pour les moins de 40 ans, au bout de trois ans, 10 000 € d’actions gratuites venaient doubler la mise : un rendement de 100 % garanti.
Il y a quelques années, ce système a conduit à l’attribution de 60 millions d’euros d’actions gratuites de « surperformance » économique aux 60 plus gros actionnaires. Nous n’avons jamais obtenu les critères ni la répartition exacte.
4. Transparence et représentativité syndicale
À la CGT ARTELIA, nous l’affirmons clairement : aucun de nos délégués syndicaux n’est actionnaire.
C’est une condition pour exercer ce rôle. Pourquoi ? Parce qu’un délégué syndical représente les salarié·es dans les négociations, en particulier sur les salaires. Pour nous, il serait contraire à l’éthique qu’un délégué syndical soit à la fois négociateur et bénéficiaire direct des choix actionnariaux. De même, nous estimons qu’il n’est pas souhaitable qu’un délégué syndical soit en situation de direction ou de management d’une grande équipe.
Pour les représentants du personnel au CSE, la situation est différente. Certains peuvent être de petits actionnaires, cooptés, comme d’autres salarié·es de l’entreprise. Ils restent d’abord des salarié·es, et leur rôle de représentation ne doit pas être disqualifié pour autant.
Mais nous sommes pour la transparence. C’est pourquoi, sur nos listes, nous déclarons systématiquement si des candidats sont actionnaires et, le cas échéant, quelle est la part qu’ils détiennent. Nous l’avons fait aux dernières élections et nous le ferons aux prochaines. Évidemment, aucun candidat qui détiendrait une part significative du capital n’aurait sa place sur nos listes.
👉 Et précisons-le : cela ne concerne pas le FCPE. Le Fonds Commun de Placement d’Entreprise est une propriété collective, limitée par la direction à 15 %, et qui n’a rien à voir avec l’actionnariat direct.
5. Les actions gratuites, les dividendes et la financiarisation
En 2020, malgré la crise, ARTELIA a versé des dividendes records au titre de 2019, tout en gelant les augmentations de salaire – sans effet rétroactif. Un exemple frappant du décalage entre les intérêts des salarié·es et ceux des actionnaires.
Aujourd’hui, la stratégie du groupe est assumée : priorité aux actionnaires. Les objectifs de rentabilité se durcissent, la charge de travail s’intensifie, tout cela pour alimenter une croissance du prix des actions de 10 à 15 % par an.
Cette financiarisation inquiète : recours aux LBO, rachat d’actions, spéculation interne… et à moyen terme, un risque d’introduction en bourse.
Et nous n’avons aucune transparence sur ce que cela implique à l’étranger : schémas fiscaux, répartition des gains dans les filiales, enchaînement des holdings… Tout est opaque.
Conclusion
Chez ARTELIA, on parle beaucoup d’éthique et de RSE. Mais sans transparence, ce ne sont que des mots.
La CGT ARTELIA propose une autre voie : la transparence pour toutes et tous, au service de l’égalité et de la justice.
✊ Ensemble, exigeons la transparence.
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