Management : Quand la France décroche, ARTELIA creuse l’écart

La France, mauvaise élève du management en Europe : verticalité, distance, autonomie de façade.

Chez ARTELIA, la réorganisation en cours ne corrige rien… elle aggrave ces travers.

Un constat national documenté par l’IGAS

Le 15 septembre, l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) a publié un rapport comparatif sur la qualité du management en Europe. Les conclusions sont sans appel : la France est mauvaise élève.

Là où l’Allemagne, la Suède ou l’Irlande cultivent la participation des salariés, la reconnaissance du travail réel et un dialogue social qui pèse sur l’organisation, la France reste marquée par une verticalité hiérarchique et une reconnaissance insuffisante du travail.

En théorie, notre pays dispose pourtant d’un arsenal juridique et institutionnel complet : droit du travail, dispositifs QVCT, obligations de consultation. Mais en pratique, tout cela ne change rien au quotidien : les salariés vivent un management distant, vertical et peu respectueux du travail concret.

Le piège de l’« autonomie » : être « libre d’obéir »

Le rapport IGAS insiste sur trois piliers universels du bon management :

  • la participation réelle des salariés aux décisions,
  • la reconnaissance du travail accompli,
  • et une autonomie effective dans l’organisation quotidienne.

Or, en France, ces trois piliers sont systématiquement fragilisés. L’autonomie accordée est le plus souvent une autonomie de façade : on « responsabilise » les salariés, mais sans leur donner les moyens ni le pouvoir de décider réellement. Résultat : plus d’injonctions contradictoires, plus de pression, et un sentiment croissant de perte de sens.

C’est exactement ce que décrit Johann Chapoutot dans Libre d’obéir. L’historien montre comment le management par mission repose sur une logique perverse :

  • on délègue une responsabilité,
  • on proclame que chacun est « libre » de s’organiser,
  • mais la finalité et les objectifs restent fixés d’en haut, hors de portée des salariés.

Cette délégation ne libère pas : elle asservit. Elle enferme chacun dans l’illusion de la liberté, tout en le rendant responsable de ses échecs, même quand ceux-ci découlent d’objectifs intenables. C’est une liberté conditionnelle, qui n’est en réalité qu’une sophistication du commandement hiérarchique.

Ce que prépare ARTELIA

À lire le rapport IGAS, on ne peut que constater combien ses constats résonnent avec la situation chez ARTELIA. Le projet de réorganisation en cours ne réduit pas la distance entre salariés et décideurs : il l’accentue.

  • Ajout de verticalité : loin de rapprocher les centres de décision du terrain, la réorganisation les éloigne encore plus.
  • Autonomie en trompe-l’œil : la « responsabilisation » promise n’est qu’une délégation sans pouvoir réel, avec toujours plus de reporting et de pilotage chiffré.
  • Moins-value sur les métiers : les qualifications et l’expérience professionnelle comptent moins que des « soft skills » interchangeables. Le travail réel et ses savoir-faire sont relégués au second plan.
  • Expertise demandée : face aux conséquences sociales prévisibles, les élus du personnel ont demandé une expertise indépendante.

Ce projet va à rebours des attentes exprimées par les salariés : proximité, reconnaissance, possibilité de contribuer aux choix qui les concernent. Il prend aussi le contrepied des recommandations de l’IGAS, qui appellent à un management participatif, respectueux et ancré dans le réel.

Pour conclure

Le management en France souffre d’un mal structurel : la verticalité. Le rapport IGAS le documente, Chapoutot en retrace les racines historiques, et ARTELIA en propose une illustration contemporaine.

Parler d’« autonomie », de « responsabilisation » ou de « compétences comportementales » ne suffit pas. Sans véritable reconnaissance des métiers et sans pouvoir effectif donné aux salariés sur leur travail, ces mots ne sont que des écrans de fumée.

Le vrai progrès, ce n’est pas de repeindre la hiérarchie en couleurs pastel ou de recruter des « happiness managers ». C’est de redonner du sens au travail en associant réellement les salariés aux décisions, en respectant leurs qualifications, et en mettant fin à cette autonomie illusoire qui n’est qu’un autre nom de la soumission.

Note Igas – Qualité du travail, de l’emploi. Comparaisons internationales (2025-025N)

Et maintenant, que proposons-nous ?

Face à cette réorganisation qui accentue la verticalité et nie la richesse de nos métiers, nous portons une autre vision du management et du travail :

  • Respect des qualifications et des métiers : pas de dilution dans des “soft skills” interchangeables, mais la reconnaissance de nos compétences techniques et de notre engagement professionnel.
  • Un management participatif : rapprocher les décisions du terrain, donner un véritable pouvoir d’agir aux équipes, reconnaître le travail réel.
  • Un dialogue social renforcé : associer les salarié·es aux choix stratégiques, comme le pratiquent nos collègues européens avec succès.
  • Un droit d’objection : ne pas être contraint·e de participer à un projet contraire à ses valeurs ou à l’éthique professionnelle.

C’est la ligne défendue par la CGT, l’UGICT-CGT et la fédération des sociétés d’étude : un management qui ne se contente pas de déléguer la responsabilité, mais qui reconnaît les personnes, leur travail et leur droit à décider.

Ensemble, nous pouvons changer l’entreprise. ✊

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