Une séance introduite par Benoit Clocheret
La séance du 12/10/22 sur les salaires a été introduite par un long discours de notre Directeur Général. Il souhaitait tout d’abord rappeler le contexte international et national et affirmer la volonté de la direction d’ARTELIA de mener une action « coup de poing » dès début Novembre pour proposer des mesures de lutte contre l’inflation.
Le contexte et cadre général brossé par Benoit Clocheret en séance est, comme il fallait s’y attendre, tout sauf réjouissant. Avec le rappel insistant de sa part que même s’il faut « aider les collaborateurs à passer l’hiver », il faut nécessairement faire preuve d’une « grande prudence » car une « récession est à craindre dans les prochains mois ». Notre direction craint également le cercle vicieux « prix-salaires » en oubliant qu’une grande partie de l’inflation actuelle est liée à des crises spéculatives ou à des mécanismes de marché défaillants.
Tout ça pour quoi ?
Au final, les propositions de la direction se résument en 3 points, assemblés dans un « package social » dont on nous demande de juger la cohérence globale.
Pas de changement de calendrier pour la politique salariale
La direction refuse, à ce stade, d’avancer le calendrier de versement de la politique salariale (mai 2023), c’est-à-dire des augmentations et des primes. Tout juste s’engagent—ils à maintenir l’effort sur les primes non contractuelles (PNC) à 4% de la masse salariale et celui sur les augmentations individuelles (AIS) à au moins 2.3% de la masse salariale.
La belle affaire ! Quand il s’agissait de « sauver » la société en 2020 il n’avait pas fallu 2 semaines à la direction pour imposer au forceps un accord repoussant le versement des augmentations à Novembre (7 mois de décalage), sans effet rétroactif et, surtout, sans activer la « clause de revoyure » de l’accord COVID. Contrairement aux engagements pris ! Dans les même temps les primes, elles, ont été versées : celles non contractuelles, mais aussi les primes contractuelles mirobolantes de nos managers …
Une prime « Macron »
Toujours écartée par la direction depuis maintes années, cette fois-ci la direction change d’avis et propose de verser dès Novembre un Prime de Partage de la Valeur (PPV ou « Prime Macron »), profitant de l’effet d’aubaine fiscale voté cet été. Mais attention, pas de panique : son montant global sera de 1M€ maximum (0.6% de la masse salariale) pour ne pas « grever le résultat et compromettre l’intéressement et la participation ». Complétons ce dernier argument : surtout pour ne pas grever les dividendes des actionnaires !
A cette étape il convient de rappeler que
- Les premières estimations du budget nous placent à plus de 6% de résultat brut en 2022. C’est-à-dire la tranche supérieure de l’intéressement et de la participation. C’est aussi le signe que 2022 est encore meilleure que 2021 qui déjà battait le record de l’année 2019, pourtant jugée comme exceptionnelle.
- 1M€ c’est l’ordre de grandeur du budget de l’opération de réaménagement de Choisy-le-Roi, imposée par la direction, sur avis contraire du CSE. Cette opération, qui ne répondait à aucun besoin ni à aucune logique matérielle s’est faite au détriment de la qualité de vie au travail uniquement dans le but de satisfaire le dogme du flex-office et de l’open-space.
Des mesures complémentaires d’accompagnement
En plus des annonces ci-dessus, la direction propose de transcrire pou ARTELIA les mesures permises par la loi pouvoir d’achat d’Aout 2022. Il s’agit notamment :
- De vous proposer un marché de dupes en permettant la monétisation de vos jours de RTT dès 2023
- De communiquer sur la possibilité de déblocage anticipé de vos épargnes salariales, hors PERCO et FCPE. La loi l’interdit pour le PERCO mais soyons clairs : l’impossibilité de déblocage du FCPE est une décision de l’entreprise, au motif de « préserver son actionnariat ». Autrement dit, les quelques épargnes que vous auriez sur le FCPE restent bloquées par ces temps difficiles pour protéger la valeur de l’action et les dividendes …
- D’augmenter les valeurs des tickets restaurants et de passer l’intégralité des salariés, y compris ceux bénéficiant d’un RIE, sur un dispositif de « carte SWILE ». De cette manière tout le monde peut bénéficier des tickets restaurant.
Rappelons ici qu’il ne s’agit pas vraiment de mesures prises par la direction mais simplement de la mise en application de dispositifs légaux qui reviennent à donner le droit aux salariés de bénéficier d’une épargne qu’ils ont déjà (sous forme de temps ou de placement). Quand aux tickets restaurant, salariés, vous en payerez la hausse à due proportion …
Des propositions insuffisantes
Les autres organisations syndicales saluent le geste de la direction et discutent déjà du montant de la prime Macron. De notre côté, en plus de faire observer que la direction à changé d’avis sur cette prime (jusque là jugée inconcevable), nous faisons valoir qu’il ne s’agit là que de « mesurettes » timorées et revendiquons un véritable choc sur les salaires pour contrer la baisse du pouvoir d’achat.
Une augmentation, plutôt que des primes, pour rémunérer le travail et tenir compte de l’augmentation du cout de la vie
Une augmentation collective car l’inflation touche tout le monde
Une action immédiate, dès Novembre
Arrêter de raisonner en % individuel, ce qui favorise toujours les plus hauts salaires, pour parler en numéraire
Un investissement pour améliorer les conditions de travail, faciliter l’embauche et lutter contre la démotivation
Nous présenterons ces revendications, argumentées et chiffrées, lors de la prochaine séance de négociation sur ce thème, qui a lieu le 26 Octobre prochain.
D’ici là, nous comptons sur votre mobilisation pour faire savoir haut et fort que nous voulons du salaire, pas des miettes ni des mesurettes !

